Aussi difficile que ce soit, il faut tenter de postuler la sincérité de Macron, quand il déplore, en bras de chemise dans son bureau, que l’Etat dépense « un pognon de dingue » en matière d’aide sociale. Et quand il le déplore, non pas au nom de la réduction du déficit, mais au nom de l’efficacité, parce que ce « pognon de dingue » n’aide pas les pauvres à sortir de la pauvreté. Bien entendu, c’est crétin. Cela révèle le terrifiant aveuglement social des dominants qui s’imaginent que, hop, s’extrayant d’un coup de reins du canapé de la fainéantise, il ne dépend que du pauvre de partir fièrement à la conquête de la fortune. C’est crétin mais cela peut être sincère. Il faut tenter de postuler que Macron croit vraiment que dans une société de chômage de masse, il est possible à tous de s’en sortir à la force du poignet.

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