Flash infos écrit par les camarades sur place lors de l’expulsion de ce matin

Depuis 3 jours, on s’est installéE spontanément sur la place de Clavière. Les flics et la digos nous surveillent en permanence. Hier soir un barnum a été monté (6×4m). Il fait zéro degrés.

10h30: arrivée de cars de Polizia avec du matériel d’expulsion. La polizia locale, les carabinieri et la digos sont sur place depuis l’expulsion de chez Jésus. Ce matin ils ont eu des renforts de camions: 2 de polizia, 1 de carabinieri et 1 de guardia di finanza. Plusieurs dizaines de flics pour 15 personnes sur la place. Il nous remettent un avis d’expulsion pour occupation abusive de l’espace public.
On refuse de partir. Ils nous menacent de prendre tout le matériel si on ne le démonte pas immédiatement.
Contrôle d’identité.
Ils nous laissent 5 minutes pour donner nos papiers sinon ils nous embarquent.

11h: On refuse toujours de partir, les flics ne savent pas quoi faire et attendent des ordres de leurs supérieurs qui sont bien embêtés.

11h15: Le maire vient nous parler et se dédouane en disant qu’il est soumis aux ordres du prefet qui exige l’expulsion immédiate. Le maire dit qu’il n’y a que la « solution » d’Oulx (à 20km de la frontière, une salle ouverte uniquement la nuit, gérée par des assos notamment religieuses avec une vingtaine de couchages) car aucune salle n’est disponible sur la commune de Clavière.
Il propose de mettre en place une ambulance de la Croix rouge pour redescendre les copaines de passage qui veulent aller à Oulx. Celleux qui refusent de s’éloigner de la frontiere pourront toujours dormir dehors.

12h: La guardia de finanza (dont la brigade anti-terroriste) est arrivée entre temps. Les flics nous demandent de partir dans 10 minutes max. On demande à récupérer nos papiers mais ils veulent qu’on range les affaires avant.
Ils s’équipent (casque, bouclier, matraque, lacrymos…).

12h30: Les copaines arrivent en soutien et se font entourer par la guardia de finanza. Ielles ne peuvent pas rentrer dans la place, ielles restent derrière la barriere. On commence à démonter le barnum et ranger tranquillement les affaires. On ne peut toujours pas récupérer nos papiers et on est complètement nasséEs. La digos nous menace de nous inculper pour refus d’obtempérer si nous ne quittons pas la place avant 14h30.

13h30: On a rangé les affaires. On attend les véhicules pour les emmener. Toujours aucun document rendu.

14h 30: On termine de charger les véhicules, ils nous rendent nos papiers et on pars en direction de la France. En passant part la PAF la majorité des véhicules a été contrôlée.

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