Cette page est complétée au fur et à mesure des évènementswww.gisti.org/wuambushu


Révélée par le Canard enchaîné dès le mois de février, une opération militaro-policière de grande ampleur a été lancée à Mayotte au nom de la lutte contre « l’habitat informel, les étrangers clandestins et la délinquance ».

Si elle n’a été officiellement confirmée par le ministre de l’intérieur que le 20 avril 2023, « Wuambushu » était préparée de longue date, par l’envoi depuis plusieurs semaines d’un renfort considérable de policiers et de militaires, dont des membres du GIGN et du Raid. Censée permettre 400 expulsions quotidiennes de personnes étrangères en situation irrégulière et la destruction de 10% de l’habitat informel de l’île par jour sans perspective de relogement durable pour les habitant·es victimes de ces « décasages », elle suscite les plus vives inquiétudes.

En invitant le gouvernement à renoncer à la mise en œuvre de ce projet, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a mis en garde contre les risques d’ « aggravation des fractures et des tensions sociales dans un contexte déjà très fragilisé » et d’« atteinte au respect des droits fondamentaux des personnes étrangères dans le cadre d’expulsions massives » ; de son côté le Syndicat de la Magistrature (SM) a dénoncé « l’instrumentalisation dont fait actuellement l’objet l’institution judiciaire à Mayotte, mise au service d’une politique pénale décidée par le ministère de l’Intérieur et alimentée par un amalgame entre immigration et délinquance », tandis que des professionnels de santé ont alerté sur les conséquences dangereuses de l’opération sur la situation sanitaire de l’île, l’Unicef soulignant l’impact que cette opération d’envergure risque d’avoir sur la situation des droits des enfants les plus vulnérables.

Avec l’Association de défense des droits des étrangers (ADDE), et le Syndicat des avocats de France (SAF), qui ont organisé une mission d’observation d’avocat.es à Mayotte, ainsi que la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et les Amoureux au ban public (ABP), le Gisti appelle les autorités à faire cesser l’escalade de la violence qui « ne peut que conduire à des conséquences tragiques ».

On trouvera ici un fil d’info qui permet de suivre quotidiennement le déroulement de l’opération Wuambushu.- – –


1er mai 2023

  • À Mayotte, une première semaine chaotique pour l’opération WuambushuUne semaine après le début de l’opération Wuambushu (« reprise », en mahorais) à Mayotte dans le but de lutter contre la délinquance, l’immigration illégale et les bidonvilles, l’opération, voulue par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a subi de multiples revers.Sur le papier, l’opération semblait fin prête. Quelque 1 800 forces de l’ordre pour un seul but : détruire 1 000 bangas (cabanes en tôles dans les bidonvilles mahorais) en deux mois, expulser des milliers de clandestins et arrêter une soixantaine de bandes criminelles. Mais sur le terrain, après une semaine de déboire judiciaire et diplomatique, Wuambushu est presque au point mort. La faute à des conflits diplomatiques avec les Comores qui refusent d’accueillir les expulsés et à la justice qui a suspendu une opération de démolition de bidonvilleQuelques dizaines de personnes ont été interpellées, une quinzaine impliquées dans les affrontements de la semaine et une autre en situation irrégulière. Seulement dix logements ont été rasés.(…)RFI, À Mayotte, une première semaine chaotique pour l’opération Wuambushu
  • La députée de la France Insoumise Clémentine Autain dit comprendre la colère des Mahorais, mais se déclare opposée à l’opération Wuambushu. « Je comprends la colère de ces femmes qui subissent l’insécurité qui est réelle à Mayotte […] je ne crois pas que cette solution soit une solution, c’est une opération inhumaine  » dit-elle.La députée insoumise qualifie l’opération Wuambushu de « chasse aux pauvres », estimant qu’il faut d’abord investir pour lutter contre la pauvreté. Le groupe parlementaire LFI-NUPES avait déjà dénoncé par avance cette opération. Les militants de La France Insoumise ont participé à plusieurs manifestations anti-Wambushu ce week-end en métropole.Cependant un sondage Louis Harris montre qu’une majorité des électeurs de ce parti, 59%, se déclarent au contraire favorables à l’opération.
    Mayotte la 1èreNB Au début de l’opération, Mikidadi Abdullah, alias « Big », porte-parole de La France Insoumise à Mayotte, se démarquait de la prise de position du groupe parlementaire LFI-NUPES : « Je ne peux pas me prononcer pour ou contre » dit-t-il, « parce qu’on ne sait pas exactement ce que va faire l’État  ». « S’il s’agit d’arrêter les voyous, je dis bravo. Mais je rappelle que nous avons une surpopulation carcérale. Alors si c’est pour les relâcher après Wuambushu je ne suis pas d’accord  », ajoutant, en s’interrogeant sur l’après : « est-ce qu’on va fermer les frontières ? Si les Kwassas reviennent où est l’intérêt de Wuambushu ?  ».Mayotte la 1ère, 22 avril, Mikidaki Abdullah : « Je ne peux pas me prononcer pour ou contre Wuambushu »
  • Les arraisonnements de kwassas continuent
    Dans la nuit du dimanche 30 avril au lundi 1er mai, la brigade nautique de la DTPN de Mayotte a procédé à l’arraisonnement de deux kwassas au large de Mayotte avec à bord 34 passagers. Ces derniers ont été interpellés ainsi que les deux pilotes.
    Mayotte la 1ere
  • Le gouverneur d’Anjouan fait tout pour empêcher les expulsionsLe gouverneur de l’île d’Anjouan, Anissi Chamsidine, a pris des mesures supplémentaires pour entraver les reconduites à la frontière depuis Mayotte, notamment celles qui seraient maquillées en retours volontaires. En cas de reprise des liaisons du Maria Galanta, les voyageurs anjouanais devront prouver une résidence à Anjouan.Selon un arrêté du gouvernorat d’Anjouan paru ce week-end et signé par le gouverneur Anissi Chamsidine, tout voyageur arrivant à Mutsamudu devra produire une pièce d’identité comorienne en cours de validité, il devra avoir rempli les formalités de départ, montrer son billet de voyage, et devra être en mesure d’informer la police aux frontières de son lieu de résidence à Anjouan.
    Les personnes qui tenteront d’introduire des voyageurs en violation de cet arrêté seront poursuivies en justice. En clair cela signifie que la compagnie SGTM, armateur du Maria Galanta, sera tenue pour responsable si elle amène à Anjouan des personnes expulsées dans le cadre de l’opération Wuambushu.Déjà menacé de perdre sa licence d’exploitation, le Maria Galanta qui navigue sous pavillon comorien, avait annulé sa rotation de vendredi dernier. Il avait dû faire demi-tour il y a une semaine. Le navire pourra reprendre à condition de n’amener que des passagers payants et voyageant de leur propre initiative.
    Mayotte la 1ère
  • Pour tenter de sauver la face, le préfet de Mayotte s’enfonce dans le mensongeDans un communiqué commun, l’ADDE, le Gisti et le SAF relèvent qu’en prétendant que la décision du tribunal administratif sanctionnant les créations de LRA temporaires « atteste de la légalité de ces structures, à la fois dans leur création, dans leur organisation et dans leur fonctionnement, ainsi que de leur conformité à la loi  », le préfet contredit allègrement les termes mêmes de l’ordonnance du juge des référés. Ils rappellent que ce dernier juge au contraire :
    • que la pratique consistant à différer la publication des arrêtés de création des LRA « fait obstacle au contrôle effectif des conditions de rétention dans ces locaux par le procureur de la République et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alors que ceux-ci sont chargés de veiller à ce que les conditions de rétention garantissent l’exercice effectif de leurs droits par les personnes retenues »
    • que « cette pratique fait également obstacle à la présence de l’association Solidarité Mayotte, chargée à Mayotte d’assister les personnes placées en rétention administrative en application de l’article R. 744-21 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda)  », de sorte que le juge des référés « enjoint au préfet de Mayotte de se rapprocher de l’association Solidarité Mayotte pour évaluer avec elle les aménagements devant être mis en œuvre pour lui permettre d’exercer effectivement sa mission d’assistance »
    • que « l’accès libre à un téléphone n’est pas assuré en pratique dans les lieux de rétention administrative en litige  », contrairement aux prescriptions du 9° de l’article R. 761-5 du Ceseda, de sorte que le juge des référés « enjoint au préfet de Mayotte de prendre les mesures techniques nécessaires pour permettre aux personnes retenues dans les locaux de rétention administrative d’avoir accès à un téléphone leur permettant de passer au moins un appel de leur choix. »
    • et, enfin, « que les conditions de rétention dans les locaux de rétention administrative régulièrement créés par le préfet de Mayotte … ne permettent pas aux personnes retenues de contester utilement leur éloignement et leur placement en rétention administrative et portent ainsi une atteinte grave et manifestement illégale au droit d’exercer un recours effectif devant une juridiction ».


30 avril 2023

  • Le préfet de Mayotte « accueille avec satisfaction  » la décision du juge des référés sanctionnant les créations répétées de locaux de rétention administrative (LRA) Le préfet de Mayotte, Thierry Suquet, a publié un communiqué sur Facebook affirmant que le tribunal « a rejeté ce jour la demande de fermeture des locaux de rétention administrative de Mayotte  », ajoutant qu’il « accueille avec satisfaction cette décision qui atteste de la légalité de ces structures, à la fois dans leur création, dans leur organisation et dans leur fonctionnement, ainsi que de leur conformité à la loi ».
  • Un sit-in dans la capitale des Comores contre les expulsions organisées à MayotteComme les élus de l’île d’Anjouan il y a quelques jours à Mutsamudu, la société civile comorienne a encore une fois manifesté son mécontentement, samedi 29 avril, à Moroni. À défaut de pouvoir organiser une marche, un sit-in a eu lieu sur la place de l’Indépendance pour s’opposer aux expulsions organisées par la France à Mayotte. […]. Réunis sur la place de l’Indépendance, à Moroni, la capitale comorienne, les manifestants souhaitent que le gouvernement reste ferme contre les déplacements forcés de Mayotte. Ils réclament également l’abrogation de l’accord-cadre de 2019 entre la France et les Comores. «  Il [l’accord] n’a pas été suffisamment discuté par les différentes parties alors que c’est un accord qui a des conséquences sur des milliers de ressortissants comoriens. L’autre chose que l’on reproche à cet accord, c’est que c’est un accord technique qui règle des problèmes de circulation alors que le vrai problème est un problème politique », soutient Nadia Tourqui, membre du collectif Stop Wuambushu. […]. Pour les manifestants, la France doit assumer le chaos qu’elle a créé, depuis l’indépendance des Comores, en 1975. « Toute la politique sociale qui a consisté à séparer les enfants de leurs parents a fait que ces enfants sont tombés dans l’extrême criminalité. La France doit donc prendre ses responsabilités  », rappelle Samia Abdoul Madjid qui appartient au même collectif Stop Wuambushu.De son côté, le gouverneur d’Anjouan, Anissi Chamsiddine, a exprimé dans une déclaration publiée, samedi, son inquiétude quant « aux déplacements forcés de plus de 20 000 personnes nées et/ou ayant grandi à Mayotte pour des enjeux économiques et militaires qui les dépassent ».
    RFI, 30 avril
  • Younous Omarjee, député européen LFI, en appelle à la Commission européenneIl lui demande de procéder à un « contrôle scrupuleux du respect par la France des règles qui s’imposent à tous les Etats membres ». Selon lui, « ce que dit la charte des droits fondamentaux c’est qu’ila ne peut pas y avoir de destruction collective des habitations ni de retour collectifs à l’étranger, donc ce que je dis à la Commission européenne c’est d’être vigilante tout simplement parce que l’Union européenne est une garantie pour les droits fondmentaux et pour les libertés individuelles. Pour le reste cette opération whuambushu, une fois qu’elle aura eu lieu, est ce que vous pensez qu’elle va régler la situation des Mahorais ? » déclare Younous Omarjee. « La réalité c’est que les Mahorais sont instrumentalisés politiquement. Gérald Darmanin cherche à envoyer des signaux à l’extrême droite et il veut envoyer des signaux pour la politique nationale et en aucune manière la volonté de régler définitivement le problème des Mahorais parce que les problèmes à Mayotte se règleront par des investissements massifs ajoute le député. »
    La 1ère France TVinfo, 30 avril
  • Le gouverneur d’Anjouan, Annissi Chamsidine, interdit l’entrée de l’île aux passagers sans pièce d’identitéLe gouverneur d’Anjouan a émis de nombreuses conditions administratives pour autoriser l’entrée de passagers au port et à l’aéroport d’ Anjouan, conditions qui visent en particulier les Comoriens expulsés de Mayotte. La possibilité de futures reconduites à la frontière depuis Mayotte est sérieusement remise en cause. Annissi Chamsidine a également indiqué que « la France avec un peu de bonne volonté a les moyens de juguler cette crise, de réguler ces évènements, de réinsérer ces jeunes, d’assurer la sécurité de l’île sans se livrer à des déportations de population ».
    Le journal de Mayotte, 30 avril
  • À Mayotte, l’opération « Wuambushu » a très vite montré ses limitesElle était attendue par les uns, redoutée par les autres. En une semaine, l’opération « Wuambushu » a essuyé plusieurs revers et surtout attisé les tensions avec la population.
    Mediapart


29 avril 2023

  • Selon une récente étude menée conjointement par la plate-forme Toluna, l’Euro Agency, l’Institut Harris et LCI, 3 français sur 4 se déclareraient désormais favorables à l’opération Wuambushu
    Le journal de Mayotte, 29 avril
  • Le juge des référés sanctionne la pratique du préfet de Mayotte multipliant les créations de lieux de rétention administrative (LRA) temporairesPar une ordonnance du 29 avril 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Mayotte, saisi par l’ADDE, la Cimade, le Gisti et le SAF, a considéré que « la succession régulière de fermeture et de réouverture, à quelques heures d’intervalle, des mêmes locaux de rétention administrative est dépourvue de toute justification » et que « les associations et le syndicat requérants sont fondés à soutenir que les conditions de rétention dans les locaux de rétention administrative régulièrement créés par le préfet de Mayotte […] ne permettent pas aux personnes retenues de contester utilement leur éloignement et leur placement en rétention administrative et portent ainsi une atteinte grave et manifestement illégale au droit d’exercer un recours effectif devant une juridiction ».Il a en conséquence enjoint au préfet « de créer, à titre provisoire mais de manière continue, quatre locaux de rétention administrative […], de prendre les mesures techniques nécessaires pour permettre aux personnes retenues d’avoir accès à un téléphone[…], de se rapprocher de l’association Solidarité Mayotte pour évaluer avec elle les aménagements devant être mis en œuvre pour lui permettre d’exercer effectivement sa mission d’assistance dans l’ensemble des locaux de rétention administrative créés à Mayotte », étant ajouté que « le préfet de Mayotte justifiera des mesures prises pour l’exécution des injonctions prononcées avant le 2 mai 2023 à 12h00, heure locale, sous astreinte de 15 000 euros par jour de retard . »Voir communiqué commun ADDE-Gisti-SAF « Pour tenter de sauver la face, le préfet de Mayotte s’enfonce dans le mensonge« 
  • Plusieurs milliers de personnes ont manifesté en France contre la politique migratoire et l’opération Wuambushu, Sud-Ouest Plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux sans-papiers, ont défilé samedi à Paris, mais aussi dans d’autres villes françaises dont Rennes et Marseille, contre la loi immigration portée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, et contre l’opération sécuritaire Wuambushu à Mayotte.
  • À Mayotte, nouvelle manifestation de soutien à l’opération sécuritaire « Wuambushu »Il s’agit du deuxième rassemblement de la semaine. Plus d’un millier de personnes se sont réunies, samedi 29 avril au matin à Mamoudzou, pour renouveler leur soutien à l’opération sécuritaire « Wuambushu » menée par les autorités sur l’île de Mayotte et exiger un coup d’arrêt à la délinquance et à l’immigration illégale.« La mobilisation citoyenne est importante, elle appuie l’action des élus qui ont appelé cette opération pour réclamer notre sécurité et notre liberté », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Ambdilwahedou Soumaila, le maire du chef-lieu de l’archipel. « Mamoudzou compte le plus grand bidonville de France [Kawéni] et nous ne sommes pas fiers de ce palmarès. Un bidonville, c’est d’abord l’insécurité sanitaire et écologique, c’est l’indignité de la nation », a-t-il ajouté.
    Le Monde
  • Le député LR le député Mansour Kamardine demande au ministère de l’intérieur et au Quai d’Orsay « la plus grande fermeté ». […] Dans sa requête, Mansour Kamardine demande plusieurs choses, notamment « la suspension des visas de toute sorte, à destination de Mayotte ou de toute autre partie du territoire français, y compris des visas de circulation délivrés à des ressortissants comoriens. » Il recommande aussi au gouvernement la fermeture du service des étrangers à la préfecture de Mayotte. Ainsi que « la suspension de toute instruction de titre de séjour et la fermeture complète du service des visas de l’ambassade de France à Moroni. ». Il souhaite également que désormais « tout ressortissant comorien sollicitant un visa ou un titre de séjour pour la France reconnaisse, par écrit, l’appartenance de Mayotte à la France dans ses démarches administratives et que l’absence de cette reconnaissance soit un motif de rejet de sa demande. » […].
    La 1ère France-TV-info
  • Rejet de deux requêtes demandant le relogement en urgence de deux familles avec enfants en situation de lourd handicap dans le quartier de Majicavo Talus 2.Rejets des requêtes « au tri » pour des motifs similaires, notamment : « s’il résulte des pièces médicales produites au dossier que quatre des enfants des requérants présentent de lourds handicaps nécessitant une prise en charge médicale régulière et des conditions d’hébergement conformes à leur état de santé, il est constant que lesdits enfants âgés de 17, 12, 9 et 1 ans souffrent depuis leur plus jeune âge de pathologies chroniques et d’importants retards de développement. Dans ces conditions, dès lors qu’il ne ressort d’aucune des pièces produites, notamment médicales, que leur état de santé serait susceptible d’être profondément affecté de façon imminente par le maintien de leurs conditions d’hébergement avec leurs parents dans un logement situé à Majicavo Talus II que leur famille occupe, selon leurs propres dires, depuis 30 ans, les requérants ne justifient pas d’une situation d’urgence imposant que le juge des référés se prononce dans le délai de 48 heures ».


28 avril 2023

  • En marge de l’opération Wuambushu, la préfecture et la police aux frontières communiquent sur l’éloignement de ressortissants non comoriensLa police nationale de Mayotte a procédé à l’expulsion de 7 ressortissants malgaches vers leur pays d’origine. Préfecture de Mayotte, 28 avril ;Trois Sri-Lankais expulsés de Mayotte :Ils auraient passé une dizaine de jours en rétention administrative avant de pouvoir embarquer pour Nairobi cet après-midi, en direction de la capitale sri-lankaise avec une deuxième escale à Bombay en Inde. Le commandant du CRA a expliqué que le travail continue au quotidien pour ses équipes, indépendamment de l’opération « Wuambushu » en cours. Une mission du CRA est allée récemment à Nairobi pour convenir avec leurs homologues kenyans des conditions de transit des expulsés à destination de pays africains (et autres). Un accord écrit devrait intervenir très prochainement entre le Kenya et la France dans le but d’acter officiellement ce principe.
    Mayotte Hebdo, 26 avril
  • Wuambushu « continuera le temps qu’il faudra », selon Gérald DarmaninGérald Darmanin a affirmé vendredi qu’il n’y avait « pas de date » de fin de l’opération Wuambushu, qui « continuera le temps qu’il faudra » pour que « Mayotte redevienne une île normale, classique et magnifique ».« On laissera le nombre de policiers et de gendarmes qu’il faut », a ajouté sur Europe 1 le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer.Il s’est félicité que « depuis trois jours – première fois dans l’histoire de la République – il n’y avait plus de kwassa kwassa », ces petites embarcations à moteur utilisées par les migrants illégaux venus des Comores pour rallier Mayotte. « Il n’y a plus de passeurs et il n’y a plus de kwassa kwassa qui partent des Comores vers Mayotte », a-t-il insisté. Outre-mer la 1ère avec AFP10h03 • Publié le 28 avril 2023 à
  • Le juge des référés du tribunal administratif rejette la troisième demande de suspension de l’opération de Talus 2Après avoir reçu un courriel de la mairie de Koungou précisant la date de début de l’opération au 25 avril 2023, des habitants avaient déposé trois requêtes en référé suspension. Les deux premières requêtes ont rejetées les 21 et 22 avril au motif que la situation d’urgence n’est pas démontrée, les éléments transmis ne permettant pas au juge des référés de s’assurer de l’imminence de la démolition (voir ci-dessous à la page 19, 21 et 22 avril 2023 de ce fil d’actu).La troisième requête a été rejetée le 27 avril.L’opération reste néanmoins suspendue par l’effet de l’ordonnance de référé rendue le 24 avril par la présidene du tribunal judiciaire de Mamoudzou.
  • Affrontements à Brandrélé Après Doujani hier, des affrontements entre la police et une dizaine de personnes ont éclaté à Bandrélé durant la nuit du 27 au 28 avril. Mayotte la 1ère
  • Les réactions du premier président de la cour d’appel de Saint Denis de la Réunion et du procureur de la République de Mamoudzou aux multiples mises en cause du rôle de la justice à Mayotte.Par un communiqué du 28 avril, le Premier président de la Cour d’appel rappelle que « dans un État de droit, la critique à l’encontre d’une décision de justice relève de l’exercice des voies de recours et non de la mise en cause personnelle de l’auteur de la décision ».De son côté, le procureur de la République du tribunal judiciaire de Mamoudzou a déclaré : « J’apporte mon soutien à la présidente du tribunal ».
  • Communiqué du Syndicat de la magistrature (SM)Ces derniers jours, de nombreuses déclarations, communiqués, et articles de presse ont ouvertement mis en cause le rôle de la justice à Mayotte et, plus particulièrement, celles et ceux qui la rendent, ainsi que la liberté syndicale des magistrats. Dans l’attente d’autres réactions institutionnelles fortes face à la gravité de ces attaques, voici notre communiqué de presse.L’indépendance de la justice n’est pas une idéologie
  • Mise en cause du rôle de la justice à MayotteAprès la décision rendue le 24 avril par la juge des référés du tribunal judiciaire de Mamoudzou d’ordonner au préfet de Mayotte « de cesser toute opération d’évacuation et de démolition des habitats », de nombreuses déclarations, communiqués et articles de presse ont ouvertement mis en cause le rôle de la justice à Mayotte. (voir par exemple : « Opération Wuambushu : les juges contre le gouvernement ? »).
  • Le porte-parole LFI de Mayotte refuse de dénoncer l’offensive et appelle à fermer les frontières, communiqué Révolution permanente
  • À Mayotte, la colère des habitants et des élus pro-“Wuambushu”, Le Monde Des élus et habitants de l’île défendent l’opération policière de destruction de bidonvilles et d’expulsions, et voient dans la présence des Comoriens une menace pour leur sécurité.


27 avril 2023

  • Un député européen visite le lieu de rétention ouvert pour l’opération « Wuambushu », Mediapart Un local de rétention administrative vient d’ouvrir à M’Tsapéré, près de la capitale Mamoudzou.Le lieu ne reçoit que des hommes majeurs, envers qui une obligation de quitter le territoire français (OQTF) est automatiquement délivrée. Mercredi 26 avril, Mediapart a pu visiter ce centre en compagnie du député européen Damien Carême (Les Verts/ALE). Il s’inquiète de durées de rétention très courtes, qui « ne laissent pas beaucoup de temps pour réagir avant que l’OQTF soit exécutée… C’est une violation du droit européen ».
  • Mediapart, Emission à l’air libre : Mayotte, « une zone d’exception » pour l’État français
  • La démolition d’un petit bidonville débute
    • L’Obs  : (…) Ce « banga » faisait en fait l’objet d’un arrêté de démolition depuis décembre. Il a abrité une dizaine de familles mais était « vide »d’habitants permanents, selon [le préfet, présent] Thierry Suquet. Des solutions d’hébergement ont été proposées ces derniers mois à celles qui y font des allers-retours, a-t-il assuré. Ce type d’opérations « permet d’apporter des solutions individuelles pour les gens qui vivent dans des conditions indignes mais aussi de faire avancer le développement de Mayotte », a fait valoir le représentant de l’Etat. (…)
    • RFI  : Elle a été demandée par le maire de la ville afin de libérer le chantier de construction d’un lycée des métiers du bâtiment. […] Une dizaine de logement vont être détruits dont celui de la mère de Zarianti Bina : « C’est une surprise, parce que moi, je ne savais même pas. Mon père est arrivé ce matin en me disant : « Bah voilà, ils vont démolir, ils sont déjà là-bas ». Ça ne se fait pas. Là, on ne peut rien faire. On reste là, on regarde. Vous voulez qu’on fasse quoi ? Rien du tout. On ne peut rien faire. » Alors que la jeune femme interpelle les forces de l’ordre et que les pelleteuses s’activent à faire tomber les bâtiments, un homme, en situation irrégulière, laisse éclater sa colère : « C’est inadmissible ce qui se passe à Longoni. Donc, on n’est même pas pris en considération, nous ne sommes rien pour eux, que ce soit pour les autorités locales ou l’État, le gouvernement. En fait, nous ne sommes rien pour eux. »
  • Des expulsions ont lieu vers le Sri Lanka ou la RDC, RFISi les expulsions vers les Comores ne sont actuellement pas possibles, le préfet de Mayotte a précisé, sans donner de chiffres, que des expulsions avaient lieu vers le Sri Lanka ou la RDC. « Nous avons plusieurs centaines de déboutés du droit d’asile originaire d’Afrique de l’Est présents sur le département et qui n’y ont pas d’avenir, car ils ont été déboutés », a-t-il conclu.
  • Incertitudes sur les liaisons maritimes avec les Comores, 20 minutes La liaison vers les Comores suspendue « jusqu’à nouvel ordre »
    […] Les autorités portuaires comoriennes ont annoncé jeudi que les bateaux en provenance de Mayotte étaient à nouveau autorisés à accoster. Mais « ne débarqueront demain que des passagers qui seront pourvus de leur carte d’identité nationale », a déclaré Mohamed Salim Dahalani, directeur des autorités portuaires, lors d’une conférence de presse au port de Mutsamudu. De nombreux migrants se débarrassent de leurs papiers une fois arrivés en sol étranger, dans le but d’éviter leur renvoi vers leur pays d’origine ou tenter de se faire passer pour des mineurs. Plus tard dans la journée, la compagnie maritime opérant la liaison a annoncé toutefois suspendre le trafic. (…)[…] « L’Union des Comores n’a pas à payer pour les conséquences d’une opération Wuambushu non concertée », a martelé jeudi le porte-parole du gouvernement Houmed Msaidie, joint par téléphone. « Aucun refoulé n’a le droit d’être embarqué » sous peine pour la compagnie maritime « de se voir retirer sa licence », a-t-il ajouté.
  • Comores : une reprise des rotations maritimes vendredi « mais sans clandestins », Journal de Mayotte JDM Les autorités comoriennes disent être confrontées à « deux soucis majeurs » : les passagers en situation régulière à Mayotte et qui souhaitent rentrer dans l’île au lagon, tout comme ceux qui sont à Mamoudzou et souhaitent venir à Mutsamudu. L’autre souci est l’approvisionnement en médicaments à Anjouan. Les pharmacies qui s’approvisionnent depuis Mayotte risquent d’être vides dans les prochaines semaines.Les rotations des bateaux de la SGTM devraient, en principe, reprendre service à partir de ce vendredi 28 avril vers Anjouan. Il n’y a aucune déclaration officielle faite sur le sujet. Mais les tractations de ces dernières soixante-douze heures vont dans ce sens. Les travaux qui avaient été évoqués pour justifier la suspension temporaire des rotations n’étaient pas vraiment de nature à empêcher les mouvements de navires. Mais le port peut toujours avoir ses propres raisons.En tout et pour tout, les bateaux peuvent reprendre leurs rotations. Mais à la seule condition de ne transporter aucun clandestin au départ de Mayotte. « Il y a des problèmes à prendre en compte dans ce contexte, il faut tenir compte des situations qui se posent au cas par cas », nous dit une source bien informée et proche des autorités portuaires. « De toute façon, nous avons reçu des consignes claires, pas question d’embarquer un clandestin depuis Mayotte. Il y aura des contrôles poussés, nous aurons les manifestes des passagers avant le départ, tout peut se faire mais sans clandestins », a ajouté notre source.
  • Les fausses promesses de relogement, Le Monde Les opérations de destruction de bidonvilles se heurtent au manque de solutions de relogement adaptées Psylvia Dewas, chargée de la résorption de l’habitat illégal auprès du préfet de Mayotte, se veut optimiste. « Pour toutes les opérations [de démantèlement de bidonvilles] en cours de préparation, on notifie des propositions de relogement. Il n’y a pas de sujet  » insiste-t-elle. « On a obtenu des moyens et on ouvre des places d’hébergement supplémentaires. » Elle souligne le quadruplement du parc d’hébergement en trois ans, passés de 500 à plus de 2 000 places à Mayotte. Parmi ces places, certaines ne sont toutefois prévues que pour des mises à l’abri de vingt et un jours. Surtout, ces chiffres sont à mettre en regard avec l’objectif du gouvernement de détruire 1 000 habitats insalubres en deux mois, quand on sait qu’une famille se compose en moyenne de cinq personnes à Mayotte.Reportage de Julia Pascual
  • Un communiqué de la défenseure des droits, Le Monde La Défenseure des droits regrette « une certaine précipitation » dans l’opération « Wuambushu »-[ios]]Dans un communiqué de presse du mercredi 26 avril, elle s’est dite « particulièrement attentive au respect inconditionnel » des droits fondamentaux dans le cadre de l’opération sécuritaire « Wuambushu » (« reprise » en mahorais) menée à Mayotte. Claire Hédon a également annoncé l’envoi d’une délégation de juristes sur l’île, qui sera chargée d’« opérer des vérifications, dresser des constats et mener des instructions le cas échéant ».Reconnaissant « une situation particulièrement tendue et complexe », Mme Hédon a rappelé que « la nécessité de garantir l’ordre public et la sécurité ne peut, en aucun cas, autoriser des atteintes aux droits et libertés fondamentales des personnes ».« La garantie du droit au recours semble incompatible avec le caractère expéditif des procédures mises en œuvre », a-t-elle ajouté, disant par exemple regretter « la rapidité de traitement de cas individuels s’apparentant parfois à une certaine précipitation ».


26 avril 2023


25 avril 2023

  • La justice met un premier coup d’arrêt à l’opération Wuambushu, Communiqué ADDE – GISTI – SAF
  • La LDH dépose plainte contre un élu de la République qui appelle au meurtre des jeunes Comoriens à Mayotte Invité le lundi 24 avril sur la chaîne Mayotte La 1ère, le vice-président du conseil départemental de Mayotte, Salime Mdere, a qualifié de « délinquants », « voyous » et « terroristes » les jeunes comoriens en ajoutant « Il faut peut-être en tuer ». Ces déclarations font suite au visionage d’un reportage sur des affrontements entre des jeunes et les forces de l’ordre à Mayotte, dans le cadre de l’opération militaro-policière Wuambushu,(la suite dans le communiqué de la LDH)
  • Il faut arrêter les bulldozers à Mayotte !, Communiqué du MRAP


24 avril 2023

  • Le navire convoyant les personnes expulsées de Mayotte n’ayant pu accoster à Anjouan, celles-ci sont ramenées à Mayotte et placées en rétention administrative.
  • « Opération Wuambushu : les Comores ferment leurs ports à la France », Huffington post « plusieurs personnes étaient présentes au retour du Maria Galanta à Dzaoudzi pour empêcher de faire descendre les personnes refoulées par les autorités comorienne à Anjouan​. Mais après un temps de discussions, les personnes en situation irrégulière (36) ont finalement pu prendre la direction du CRA. »
  • Mayotte : les Comores refusent l’accostage de migrants avant l’opération « Wuambushu », Le Monde Parti du département français, où les autorités françaises préparent une série d’expulsions d’étrangers, un bateau s’est vu refuser de débarquer sur l’île comorienne Anjouan.
  • Blocage du port de Mutsamudu, sur l’île comorienne d’Anjouan
    « Le port de Mutsamudu n’est pas en mesure d’opérer sur l’embarquement et le débarquement de passagers de ce jour jusqu’au 26 avril » apprend-t-on d’une note envoyée par le commandant du port au représentation de la SGTM qui assure les liaisons avec Anjouan. Information confirmée par la suite par le ministre comorien de l’intérieur. La note en question a été diffusée par @AlComorya qui la présente comme une « pirouette pour ne pas assumer une confrontation avec la France au sujet de #Wuambushu ».
    source twitter Faïza Soulé Youssouf (@JournalisteKm)
  • Deux arrêtés de démolition sont publiés au recueil des actes administratifs du 24 avril.Ils concernent deux secteurs dits M’bouyoujou en Petite Terre et sont fondés sur la loi Elan. Les habitants ont 5 semaines pour évacuer les lieux, ce qui signifie que légalement les démolitions ne peuvent être réalisées avant la fin mai, début juin.Arrêté A n°2023-SGA-0359 et Arrêté B n°2023-SGA-0360 (à partir de la page 40 du recueil des actes administratifs n°R06-2023-079).Ils s’ajoutent à un arrêté du 7 avril portant évacuation et destruction du village de Barakani
  • Dans une ordonnance rendue lundi 24 avril 2023, la juge des référés du tribunal judiciaire de Mamoudzou ordonne au préfet de Mayotte « de cesser toute opération d’évacuation et de démolition des habitats » Saisie la veille par des habitants du quartier le Talus 2 à Majicavo, elle constate que ces démolitions constituent une « voie de fait », autrement dit « une exécution forcée, dans des conditions irrégulières, d’une décision portant atteinte au droit de propriété ». Elle ordonne au préfet de mettre à disposition des habitants des lieux de stockage pour la préservation de leurs biens et de proposer des solutions de relogement adaptées aux familles concernées.
  • La prison de Mayotte est en surpopulation à plus de 300%. 600 personnes y sont détenues.
  • Mayotte : en prélude à l’opération « Wuambushu », la CRS 8 a tiré plus de 600 grenades, Lemonde Engagés dimanche aux alentours du village de Tsoundzou, les policiers ont également utilisé des balles réelles à une dizaine de reprises « vers le sol et pour faire fuir ».


23 avril 2023

  • 31 habitantes du quartier le Talus 2 à Majicavo assignent le préfet de Mayotte devant le tribunal judiciaire pour voie de faitIls et elles demandent au juge des référés de mettre fin à l’exécution de l’arrêté du 2 décembre 2022 portant évacuation et destruction des habitations bâties illicitement au lieu dit Majicavo Koropa Talus II, commune de Koungou, dont la mise à exécution est annoncée le 25 avril 2023.


21 avril 2023

  • L’ADDE, la Cimade, le Gisti et le SAF déposent une requête en référé liberté contre la création par le préfet de Mayotte de locaux de rétention administrative (LRA)Les 4 organisations demandent au juge des référés du TA de Mamoudzou :
    • d’ordonner toute mesure utile afin de faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales des personnes placées en locale de rétention administrative à Mayotte, sous astreinte de 15.000 euros par jour de retard  ;
    • d’enjoindre au préfet de Mayotte de cesser la pratique récurrente visant à la création successive de LRA prétendument temporaires et dont le caractère éphémère et aléatoire n’est justifié ni par le droit ni par les faits à Mayotte ;
    • d’enjoindre au préfet de Mayotte de justifier que l’intégralité des LRA créés au moins une fois à Mayotte répondent aux exigences légales et conventionnelles
    • d’enjoindre par conséquent au préfet de Mayotte la fermeture de tout LRA qui ne répond pas à ces exigences, et de s’abstenir de les créér, et ce sans délai et sous astreinte de 15.000 € par jour de retard ;
  • Immigration illégale à Mayotte : une opération et beaucoup de questions, La Croix (…) « Proposée par Gérald Darmanin,validée par Emmanuel Macron lors d’un conseil de défense et confirmée jeudi 20 avril par le ministre de l’intérieur dans un entretien au Figaro, l’opération Wuambushu devrait être la plus vaste jamais lancée à Mayotte contre l’immigration clandestine, un phénomène particulièrement important puisque la population dépasserait 350 000 habitants alors que l’Insee n’en recense que 256 500 » (…).(…) « à quelques heures du démarrage des opérations, de nombreuses questions se posent. À commencer par celle du devenir des personnes délogées. « Près de Mamoudzou, les agents sont déjà venus marquer à la peinture fluo les maisons qui vont être démolies, mais les habitants ne savent pas où ils vont aller, raconte Daniel Gros, correspondant de la Ligue des droits de l’homme à Mayotte. S’ils détruisent 1 000 cases, ça va faire 5 000 personnes à la rue. » » (…)(…) « les autorités seront-elles en mesure de réaliser autant de reconduites à la frontière que nécessaire ? L’an dernier, 26 000 personnes ont déjà été renvoyées et le mouvement s’est accéléré depuis 2023. Le centre de rétention, qui compte 135 places, est déjà saturé mais « l’État peut créer des lieux de rétention selon les besoins », estime Romain Reille, directeur territorial de l’association Forum réfugiés-Cosi. « Actuellement, il y a à peu près un bateau tous les deux jours qui part vers les Comores. Là, on a appris qu’on va avoir trois départs par jour », estime Daniel Gros ». (…)
  • Opération « Wuambushu » : L’angoisse et la peur du chaos grimpent à Mayotte, Blast-info (…) “Magistrats, défenseurs des droits humains, organisations internationales comme l’Unicef expriment leurs plus vives inquiétudes et demandent au gouvernement de renoncer à l’opération Wuambushu, faute de garanties légales et sanitaires. Les enseignants se préparent dans la douleur « à retrouver des classes vides ». Les soignants, aussi, imaginent le pire, d’autant que l’île va connaître les restrictions d’eau les plus drastiques de son histoire et que les affrontements semblent inévitables. (…)(…) L’opération connaît nombre de soutien au sein de la population mahoraise, excédée par la violence quotidienne dans laquelle a plongé l’île. Au premier rang desquels les députés Mansour Kamardine et Estelle Youssouffa, fustigeant les « bonobobo-gauchistes » et autres plus classiques « droits-de-l’hommistes ». La plupart des maires de l’archipel ont aussi donné leur blanc-seing à l’État. Sur place, des collectifs assurent également ouvertement « être prêts à pousser » l’État autant que possible « dans son élan », voire à le supplanter si les objectifs de destruction de bidonvilles ne sont pas tenus. (…)
  • À Mayotte, Gérald Darmanin confirme une vaste opération contre l’immigration illégale, France 24 Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a confirmé, vendredi, une série d’interventions policières contre la délinquance et l’immigration illégale à Mayotte, baptisée « Wambushu », dans le 101e département français situé dans l’océan Indien. Cette opération doit inclure des expulsions massives d’étrangers en situation irrégulière et des destructions de bidonvilles.(…) « Quels seront les nouveaux moyens ?G.D. : Quatre escadrons de gendarmes mobiles, des policiers de la CRS 8, spécialistes de la lutte contre les violences urbaines, au total 510 membres des forces de l’ordre. Le garde des Sceaux a, de son côté, dépêché six magistrats et sept greffiers, ainsi que quinze agents de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Nous nous concentrons sur le contrôle des armes, avec des actions conduites en ce moment même, afin de rétablir durablement la paix publique et républicaine à Mayotte. » (…)


19 et 20 avril 2023

  • Trois procédures de référé liberté sont engagées par des habitants du quartier le Talus 2 à MajicavoSachant que par une décision du 27 février 2023, le juge des référés avait ordonné la suspension, pour 20 familles, d’un arrêté préfectoral du 2 décembre 2022 portant évacuation et démolition de leurs habitations, à quelques jours de l’opération Wuambushu et sans aucune garantie quant aux mesures prises par la préfecture pour préserver leurs habitations, ces habitant.e.s saisissent le juge administratif d’une requête en référé liberté avec le soutien de l’association de quartier. Ils demandent la suspension de l’arrêté préfectoral, après avoir reçu un courriel de la mairie de Koungou précisant la date de début de l’opération au 25 avril 2023.Les deux premières requêtes sont rejetées les 21 et 22 avril au motif que la situation d’urgence n’est pas démontrée, les éléments transmis ne permettant pas au juge des référés de s’assurer de l’imminence de la démolition. La troisième requête est audiencée le 27 avril.


18 avril 2023

  • « Opération Wuambushu à Mayotte : la France sème la « violence », accusent les Comores », Mayotte la 1ere « Nous n’avons pas les moyens d’absorber cette violence fabriquée depuis Mayotte par l’État français. Une situation aussi complexe ne peut se régler de manière aussi déroutante », a déploré [mardi 18 avril] le gouverneur d’Anjouan, Anissi Chamsidine. « Nous recommandons aux Français de renoncer vivement à l’opération Wuambushu », a pour sa part martelé le porte-parole du gouvernement, Houmed Msaidie.Le président comorien, Azali Assoumani, actuellement à Médine en Arabie Saoudite, a déclaré la semaine dernière espérer « que l’opération sera annulée », reconnaissant « n’avoir pas les moyens de stopper l’opération par la force ». D’intenses tractations ont eu lieu ces dernières semaines entre Paris et Moroni, la capitale des Comores.
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