Publié sur
https://fr.squat.net/2020/08/15/calais-des-associations-saisissent-la-defenseure-des-droits/

Calais: des associations saisissent la Défenseure des droits et des
rapporteurs de l’ONU sur la situation des migrants

Aujourd’hui a eu lieu à Calais la 693ème expulsion de lieu de vie
informel depuis le 1er janvier 2020. En ce 13 août 2020, les droits
fondamentaux des personnes exilées survivant à Calais ne sont toujours
pas respectés (Human Rights Observers).

Treize associations présentes à Calais auprès des personnes migrantes
ont annoncé vendredi avoir saisi la Défenseure des droits, ainsi que
sept rapporteurs spéciaux des Nations unies relatifs aux droits humains,
pour les « alerter sur les conditions de vie inhumaines » des réfugiés.

À Calais, les évacuations de campements s’enchainent et la répression
policière envers les personnes migrantes s’est accentuée depuis
l’arrivée de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, accusent les
associations de défense des droits humains présentes sur place.

Pour tenter de se faire entendre, treize d’entre elles – dont l’Auberge
des Migrants, Médecins du Monde et le Secours Catholique – ont saisi,
vendredi 14 août, la Défenseure des droits Claire Hédon, dont le mandat
vient de débuter, ainsi que sept rapporteurs spéciaux des Nations unies
relatifs aux droits humains.

L’objectif est de les alerter « sur les conditions de vie inhumaines »
des réfugiés et de les inciter « à dénoncer les exactions récurrentes
commises par les pouvoirs publics et à intervenir auprès d’eux afin de
les faire enfin cesser », ont écrit les associations dans un communiqué.

Si les conditions dans lesquelles vivent les personnes exilées sont «
indignes depuis longtemps », force est de constater que « depuis la fin
de l’état d’urgence sanitaire » (dû à l’épidémie de Covid-19) et « la
nomination de Gérald Darmanin à la tête du ministère de l’intérieur »,
la situation des exilés à Calais « n’a fait que se détériorer »,
précisent-elles.

En cause, les « évacuations » brutales de plusieurs campements ensuite «
grillagés », et la « réduction dramatique des services vitaux que sont
les distributions alimentaires, l’accès aux douches ou encore aux points
d’eau ».

Violation de droits

S’appuyant sur « 65 témoignages » partagés entre le 10 juillet et le 12
août par des personnes exilées, des membres d’associations et des
habitants », les associations dénoncent « les violations du droit à
l’eau », « à l’assainissement », « à la santé » ainsi « qu’à
l’alimentation ».
Elles rapportent le témoignage d’une personne exilée présente à Calais :
« J’ai faim et soif tous les jours. J’ai froid toutes les nuits. Je me
sens très faible physiquement. L’un de mes amis est tombé très malade à
cause de la situation. Pendant 3 jours, il avait des vertiges, il avait
chaud puis froid et il tremblait sans arrêt’ ».

Dans cette saisine, les associations alertent également sur « les
évacuations forcées », « les expulsions croissantes de terrains où
survivent les personnes exilées » ainsi que sur « les violences
physiques, les confiscations d’effets personnels et les interpellations
qui en découlent ». La dernière évacuation remonte au 30 juillet, visant
alors un campement de plusieurs centaines de personnes près de la zone
industrielle des Dunes à Calais.

En 2017, le Défenseur des droits Jacques Toubon s’était déjà inquiété
d’atteintes aux droits « d’une exceptionnelle et inédite gravité » à
Calais, où les pouvoirs publics empêchent toute réinstallation de campement.

—-

Les associations d’aide aux personnes exilées saisissent la Défenseure
des droits et les nations unies sur la situation à Calais

Ce vendredi 14 août 2020, les associations qui viennent en soutien aux
personnes exilées (sur)vivant à Calais saisissent aujourd’hui la
Défenseure des droits ainsi que 7 rapporteurs spéciaux des Nations unies
relatifs aux droits humains afin de les alerter sur les conditions de
vie inhumaines dans lesquelles sont maintenues les personnes exilées.
Elles appellent ces institutions, à dénoncer les exactions récurrentes
commises par les pouvoirs publics et à intervenir auprès d’eux afin de
les faire enfin cesser.

Si les conditions dans lesquelles vivent les personnes exilées sont
indignes depuis longtemps, force est de constater que depuis la fin de
l’état d’urgence sanitaire, le 10 juillet dernier, et la nomination de
Gérald Darmanin à la tête du ministère de l’intérieur, la situation des
exilé.es à Calais n’a fait que se détériorer. Les près de 1200 hommes,
femmes et enfants sans-abris présentes à Calais ont vu leurs conditions
de vie profondément dégradées ces dernières semaines. En cause, les «
évacuations » brutales de plusieurs gros campements ensuite grillagés,
les 10 et 30 juillet dernier, et la réduction dramatique des services
vitaux que sont les distributions alimentaires, l’accès aux douches ou
encore aux points d’eau qui les accompagne.

Les saisines envoyées ce jour par une coalition d’associations
s’appuient sur 65 témoignages partagés entre le 10 juillet et le 12 août
2020 par des personnes exilées, des membres d’associations et des
habitant.es. Elles dénoncent les violations du droit à l’eau, à
l’assainissement, à la santé ainsi qu’à l’alimentation. Une des
personnes exilées présentes à Calais déclare ainsi « J’ai faim et soif
tous les jours. J’ai froid toutes les nuits. Je me sens très faible
physiquement. L’un de mes amis est tombé très malade à cause de la
situation. Pendant 3 jours, il avait des vertiges, il avait chaud puis
froid et il tremblait sans arrêt. »

Dans cette saisine, les associations alertent également sur les
évacuations forcées, les expulsions croissantes de terrains où survivent
les personnes exilées ainsi que sur les violences physiques, les
confiscations d’effets personnels (tentes, duvets, téléphones, etc.) et
les interpellations qui en découlent. Sur ce sujet, A. témoigne ainsi «
Si on se retrouve tout seul pour aller chercher de l’eau ou de la
nourriture, des agents de CRS nous gazent le visage. Ça me brûle les
yeux, ça me fait pleurer et les CRS rigolent devant moi. »

Les femmes seules, avec enfants, les familles et les mineurs non
accompagnés, dont les besoins sont pourtant spécifiques, sont soumis aux
mêmes traitements dégradants. En juillet, plusieurs dizaines de femmes,
d’enfants et 194 mineurs non accompagnés ont ainsi été rencontrées par
les associations dans des situations de grande détresse. Un.e bénévole
dit ainsi « J’ai pu parler avec une femme le 12.07 qui était enceinte et
m’a dit qu’elle avait très peur de « mal faire les choses avec son bébé
», elle voulait prendre une douche, elle m’a répété plusieurs fois « je
veux juste être propre ».

De nombreux témoignages de membres d’associations reviennent également
sur les intimidations (contrôles d’identités répétés sans motif, propos
menaçants, etc.) dont ils et elles font l’objet de la part de la police
lorsqu’ils viennent en aide aux personnes exilées, privant ainsi ces
dernières d’un soutien déjà fragile.

Les institutions saisies aujourd’hui ont déjà formulé des
recommandations claires pour que les droits fondamentaux de toutes et
tous soient respectées à la frontière franco-britannique. Le Défenseur
des droits a ainsi déjà dénoncé les évacuations massives organisées par
l’État qui n’apportent aucune solution durable : « les opérations
d’évacuation sont présentées par les autorités publiques comme des
opérations de mises à l’abri visant à offrir aux personnes exilées
vivant dans des campements insalubres et soumises à la pression des
filières de passeurs, des conditions d’accueil dignes. Or, dans la
mesure où ces mises à l’abri sont souvent non durables et constituent un
cadre où peut s’opérer un contrôle de la situation administrative, elles
contribuent en réalité à la création de nouveaux campements. »1

Les juges du Tribunal administratif de Lille et du Conseil d’État
avaient eux aussi déjà, en 2017 et 2018, ordonné à l’État de garantir au
minimum un accès à ces besoins vitaux que sont l’eau et l’hygiène
(douches et latrines) et à une information sur les droits. En 2018, le
Président de la République lui-même avait demandé que soient mises en
place des distributions de nourriture.

Quelques années seulement après ces décisions, il est incompréhensible
que les personnes exilées présentes à Calais se retrouvent de nouveau
dans une situation de dénuement la plus extrême.

Associations signataires:

Auberge des migrants
Cabane juridique
Calais Food Collective
Collective Aid
Help Refugees
Human Rights Observers
Médecins du Monde
Project Play
Refugee Women’s center
Salam Nord Pas-de-Calais
Secours catholique Nord Pas-de-Calais
Terre d’errance
Utopia 56

Les sans papiers en France:
https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/topic/sans-papiers
Des squats en France:
https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/squated/squat
Des groupes en France: https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
Groups (collectives, social centres, squats) in France:
https://radar.squat.net/en/groups/country/FR
Des événements en France: https://radar.squat.net/fr/events/country/FR
Calais sur fr.squat.net: https://fr.squat.net/tag/calais/

Textes publiés:
– le 14 août 2020 sur InfoMigrants
https://www.infomigrants.net/fr/post/26653/calais-des-associations-saisissent-la-defenseure-des-droits-et-des-rapporteurs-de-l-onu-sur-la-situation-des-migrants
– le 15 août 2020 sur Passeurs d’hospitalités ~ des exilés à Calais :
https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2020/08/15/les-associations-daide-aux-personnes-exilees-saisissent-la-defenseure-des-droits-et-les-nations-unies-sur-la-situation-a-calais/

Catégories : Actu

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